dimanche 16 août 2020

Un emprunt au passé 3

Épisode 3 - réflexions sur la cause animale en l'an II - premier Frimaire
#animaux #chiens #1793 #Révolution #lois
Précédents emprunts : 1 - 2
Alors qu'à juste titre, dénonce-t-on régulièrement des cruautés et exactions inadmissibles à l'endroit des animaux, je m'accorde un peu de recul et, au hasard du temps, débarque en 1793, le 21 novembre, en pleine Terreur.
Je dois préciser que la période porte bien son nom et qu'elle n'est en rien confortable pour raisonner à tête reposée, surtout avec l'appréhension de ne point la garder là où elle me semble la mieux placée, à savoir sur les miennes épaules.
En outre, pour ajouter à la confusion, le calendrier me brouille l'esprit, me donnant pour toute réponse à mes interrogations chronologiques la date du premier frimaire, où l'on célèbre… la raiponce.
Cela dit, ce n'est pas le moment d'être aux abois alors que je lis placardé sur les murs du Gers de quoi faire frémir le moindre citoyen - fut-il appelé Hugo, Clément ou autre.
En effet selon une cruauté toute administrative - et donc parmi les pires - lit-on que, de nos animaux les plus proches et les plus fidèles, devra-t-on se séparer de chiens, et ce, de façon expéditive.
Voici ce qu'il en est :
« Article premier — Il ne pourra être conservé dans chaque maison ou ménage et pour sa garde qu'un seul chien. Tous les autres chiens surnuméraires seront tués sans qu'ils puissent être cédés par leur maître à des citoyens qui n'en auraient pas actuellement.»
« Article deux — Les municipalités veilleront à l'exécution de l'article premier et dénonceront les citoyens qui ne l'auront pas exécuté dans la décade de la publication aux comités de surveillance de leur district.»
« Article trois — Tout bon citoyen est invité à faire une pareille dénonciation après la décade de la publication expirée, tant contre les citoyens que les municipalités négligentes.»
« Article quatre — Le présent arrêté sera imprimé, envoyé aux municipalités, districts, comités de surveillance et sociétés populaires. Il sera lu, publié et affiché aux formes accoutumées.»
(Premier frimaire an II.)
Découvrant ceci, je n'ose imaginer, en le nôtre siècle, où la délation est grandement facilitée par des réseaux laconiquement nommés « sociaux », comment évolueraient les relations humaines, s'ajoutant, dociles moutons que nous sommes déjà, aux multiples restrictions de liberté qui délimitent désormais notre quotidien.
Pour peu, je crierais « Nom d'un chien » mais un restant de sagesse, voire de pertinence, m'invite à contenir un tel désir.
Faute de mieux, je vais aller m'époumonner en quelque flûte à bec baroque et perfectionner ce délicat ornement appelé « mordant ».
N'hésitez pas à rugir réagir !

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