vendredi 4 septembre 2020

Une semaine d'emprunts au passé

Épisode 6 - Des astres plutôt que désastre !
#chevalerie #semaine #astre #planète #médiéval #Kyeser #bellifortis
Précédents emprunts : 1 - 2 - 3 - 4 - 5
Je suis tellement las d'entendre çà et là que les semaines sont trop chargées, par divers.e.s quidams qui se forcent presque à paraître déprimé.e.s que je vais rédiger le présent article en sept étapes, soit sensu scripto au jour le jour, en empruntant les enluminures d'un traite d'art de la guerre de la fin du quatorzième siècle, le Bellifortis de la main du docte Konrad Kyeser.
Ainsi ne parlerai-je point de jours chargés mais de charges du jour, avec la représentation de chaque chevalier associé à un des astres (et planètes) qui ont prêté leurs noms aux jours de la semaine.
Dimanche, « sol », jour du soleil ! 🌞
Manuscrit BSB Clm 30150 folio 86v
🌜 Lundi, « luna », pour un jour bien luné
Manuscrit BSB Clm 30150 folio 89v
Mardi, « mars », dieu de la guerre et de l'agriculture 🚜
Manuscrit BSB Clm 30150 folio 85v
🛒 Mercredi, « mercurius », dieu du commerce pour les uns, des voleurs pour d'autres Manuscrit BSB Clm 30150 folio 88v
Jeudi, « jovis », Jupiter… le dieu des dieux
Manuscrit BSB Clm 30150 folio 86v
💘 Vendredi, « venus », enfin de l'amour et plus encore, de présence féminine Manuscrit BSB Clm 30150 folio 87v
🛌 Samedi, « saturnus », quel meilleur dieu pour achever la semaine que Saturne, adepte fervent du repos dans l'attente des saturnales qui précèdent l'hiver.
Manuscrit BSB Clm 30150 folio 83v
Sixième emprunt, sept jours, sept dieux...
N'hésitez pas à réagir.

samedi 29 août 2020

Table des rubriques

Table provisoire…
#sommaire #blog #passé #siècle #médiéval #renaissance #gasconnade #sonnets #rimes #poésie #alexandrins
Il est grand temps de me soucier, manière de ménage d'automne, de classer les quelques rubriques que j'ai mises en route depuis un certain printemps confiné (2020), certaines sérieuses ou qui essaient de l'être, d'autres qui sont d'une nature plus facétieuse, et enfin des articles que m'inspirent mes z('h)umeurs du jour.
Sur fond de couleur bleu clair, Un emprunt au passé renvoie à des sujets que je trouve, plus au moins au hasard, lors de mes recherches d'archives en vue de nourrir de prochains scénarii et spectacles (cf www.zumeurs.net) ou articles qui me sont commandés.
Sur fond de couleur orange clair, Gasconnade met à l'honneur les traits d'esprits mais aussi les démonstrations de mauvaise foi dont sont capables les #Gascons depuis la nuit des temps, et bien avant qu'Alexandre #Dumas leur consacre généreusement sa plume.
Désormais sur fond grisé et initié comme exercice quotidien d'écriture en vers pendant le confinement, Les Confisonnets rebondissent sur tout et n'importe quoi et tentent de toujours retomber sur leurs douze pieds et quatorze vers.
Autre distraction né au printemps, Le voyage du confiné n'est que facétie inspirée par des communes dont le nom incite aux calembours, sans acrimonie ni moquerie à l'égard des habitants. Chaque voyage est illustré à minima par une carte postale choisie parmi les plus anciennes disponibles.
Sans oublier au jour le jour, de précieuses infos et d'improbables errances sur les pages de Facebook

jeudi 27 août 2020

Saint Hubert et la châsse - GasCondomnade ?

Gasconnade n°5
#Gascon #Gascogne #Condom #Ténarèze #Hubert #Cartouche #1726 #covid #guérison #miracle #croyance #superstition
En ces temps d'incertitude covidiennes et quotidiennes, où, plus que jamais, les gestes barrière et autres précautions sanitaires sont fortement conseillés quand ils ne sont pas imposés, il n'est pas déplaisant de jouer sur une autre distance, celle du temps ; celui où l'on croyait encore aux miracles que d'aucuns appellent aujourd'hui effet placebo, crédulité, naïveté, foi, etc. selon tous degrés de discernement en usage.
8 juin 1726, selon un aimable chroniqueur, Condom reçoit un personnage prestigieux, lequel se réclame de l'ordre des chevaliers de saint Hubert, nanti de surcroît de multiples titres et fonctions honorifiques dont celle d'abbé dans les Ardennes, chapitrant au moins cent-cinquante moines.
L'illustre quidam est porteur d'une relique du saint éponyme qu'il dépose au couvent des cordeliers pendant qu'il va s'installer pour le temps qu'il faudra à l'hostellerie du Chapeau rouge.
La nouvelle ne met guère de temps à gagner la cité, intra-muros et au-delà des murs, et ce sont bientôt, arrivant en masse de toutes rues et de toutes campagnes alentours, qu'affluent vers le couvent, malades, fidèles et inévitables curieux afin de se recueillir sur la relique, la prier et surtout l'implorer dans l'espoir de force guérisons.
La foule est si importante, environ vingt mille dit-on, qu'il convient de faire ranger les un.e.s et les autres en trois rangées bien ordonnées et sur des centaines de mètres.
Bien évidemment, le chevalier se prête au jeu. Ayant protégé la relique dans une étole qui tient lieu de châsse, il laisse toucher cette dernière par chaque malade, invitant celui-ci à prier avec ferveur saint Hubert dans l'espoir d'une soudaine intercession. De même, il ne manque pas rappeler à chaque fois, la devise "Je te touche, Dieu te guérisse".
Croix de l'Ordre de saint Hubert
Les témoignages recueillis lors de ces pieuses séances sont élogieux et clairs, dont celui-ci :"Que ne vit-on d'estropiés repartir sans leur béquille et sans la moindre claudication".
Fort d'un tel succès, le chevalier séjourna quasiment une semaine avant de poursuivre sa tournée que j'ose qualifier de "triomphale".
Mais pourquoi avoir choisi Condom ? Nul ne le sait précisément. Il est dit cependant que dans l'ordre de saint Hubert, il est convenu d'une tournée à accomplir une fois par siècle pendant une durée de trois ans, ce qui laisse le temps de visiter toutes contrées dont la Ténarèze.
À ces fins, les rois accordent volontiers droits de circuler et d'agir, attendu le pouvoir de guérison qui est reconnu aux chevaliers par simple contact, tant à l'endroit des humains que des animaux.
Évidemment, il y a toujours des esprits chagrins qui proposent une autre vérité. On les dit, selon les siècles et éléments de vérité qui sont les leurs : lanceurs d'alertes, complotistes, journalistes d'investigation, toutes sortes de charlatans et de beaux parleurs, sans oublier ce qui me concerne directement et au titre de la mauvaise foi qui leur sied pour narrer à leur convenance et que je revendique joyeusement, les conteurs.
Selon cette horde dubitative, le personnage qui honora Condom de sa présence fut un imposteur, probable ancien membre de la bande du bandit Cartouche, dont les principaux miracles étaient surtout d'alléger chaque citoyen, non de quelque charge pondérale, mais du poids de sa bourse. En somme, ils guérissaient d'un vice qui rend souvent malade, même à faible niveau : la richesse.
À l'heure où j'écris, nul ne précise encore si, pendant sa semaine condomoise, le désormais vrai ou faux chevalier sollicita dons et prébendes en échange de ses bons soins.
Il est vrai qu'en terme de générosité, la discrétion est conseillée, sauf à vouloir en tirer gloire et arrogance. Elle l'est plus encore quand le vertueux a le souci de cacher qu'il s'est fait littéralement berner par une gasconnade de grande envergure.
C'est pourquoi le débat de saint Hubert et de la châsse est loin d'être achevé, surtout pour ceux qui n'ont plus aucune considération pour les accents circonflexes.
La châsse étant ouverte… « N'hésitez pas à réagir ! »

dimanche 23 août 2020

Un emprunt au passé 5

Épisode 5 - Ça sent la fin du monde ! Un point de vue du XIVe siècle
#nature #environnement #écologie #société #collapsologie #Deschamps #poésie #ballade #médiéval
Précédents emprunts : 1 - 2 - 3 - 4
Dans la même logique quelque peu pessimiste du précédent article, je remonte encore plus loin dans le temps pour rencontrer Eustache Deschamps, un poète qui n'est pas toujours tendre avec les puissants de son temps au point d'avoir quitté leurs cours et gagner ainsi en liberté d'expression.
Il laisse à la postérité une œuvre colossale dont la plus grande partie est conservée dans le manuscrit FR 840 (Bibliothèque Nationale à Paris), un pavé de presque six cent folios soit mille deux cents pages !
La ballade qui suit (n°1493 dans le manuscrit), malgré une forme que certains jugeront désuète, a néanmoins quelque chose de prophétique, démontrant - s'il en était encore besoin - que plonger dans les écrits anciens (merci internet qui en facilite l'accès) n'est pas un abîme où fuir, mais au contraire une source précieuse pour alimenter toute saine et sereine réflexion et aborder en toute philosophie - optimiste ou pessismiste selon nos respectives et intimes approches -, le monde d'aujourd'hui et plus encore ceux de demain.
nota bene : dans la mesure où le texte original est fort lisible, pour nous autres qui, théoriquement, avons été nourri.e.s à l'École de la République et, à ce titre, maîtrisons grammaire et orthographe ; je ne résiste pas à livrer le texte dans sa graphie d'origine, ne serait-ce que pour en préserver la saveur et la science.
Je remercie par avance les grincheux et obsédés du Bescherelle de ne pas sombrer en ire profonde 😉.
Pour la clarté du texte, j'ai cependant semé quelques ponctuations.
Enfin, j'invite tout lecteur à admirer la virtuosité quant à respecter la forme de la ballade, regrettant - en ma connaissance actuelle - qu'il n'y ait point quelque musique composée sur ce texte. Toute information à ce sujet m'intéresse : sources manuscrites, transcriptions…
De la grant mutacion des temps et abreviacion de toute nature et approuchement de fin de monde
Les temps, les ans, les meurs, les gens,
Les bestes et tous animaulx,
Les terres, les quatre elemens,
Les complections corporaulx,
Toutes les vertus cardinaulx,
Les arbres, les fruis, les poissons,
Les prez, les blez, vins et moissons,
Et le genrre en toute nature
Diminuent et les saisons :
Toute chose se desnature.
Automnne, yver, esté, printemps
Et tous les climats principaulx,
Du monde varie li temps;
Trop sont les pechiez generaulx
D’argent querir, estaz, joyaulx ;
Envie, orgueil, detractions
Regnent et dissolucions,
Toute couvoitise et ordure ;
La fin de ce monde approuchons :
Toute chose se desnature.
La foy, la loy sont vaxillens
Par noz pechiez et pour noz maulx ;
Met Dieux sur nous guerre et contemps,
En l’eglîse, entre les royaulx,
Et envie, pour noz deffaulx,
Froidures, inundacîons,
Pestillences, divisions,
Mortalitez, famine dure.
Mais pour ce ne nous amendons :
Toute chose se desnature.
Envoi
Princes, se bien considerons
Noz pechiez, les pugnicions
Que Dieux envoie a creature
Devers lui nous amenderons,
Ou autrement tuit perirons :
Toute chose se desnature.
Ce quint emprunt au passé ne nuit pas à mon envie de souhaiter un beau dimanche à quiconque, ni au plaisir quant à recevoir toutes réactions de toutes natures, en termes courtois s'entend.

vendredi 21 août 2020

Un emprunt au passé 4

Épisode 4 - détruire les animaux : un obstacle au bien-être de l'humanité
#nature #environnement #animaux #agriculture #écologie #bien-être #équilibre
Précédents emprunts : 1 - 2 - 3
C'est de nouveau au recueil des travaux de la société d'agriculture d'Agen, cette fois-ci, dans son édition de 1858-1859, que j'emprunte une réflexion signée d'un certain Ernest Marcadet.
Le titre de l'exposé dont je ne retiens que les deux premiers paragraphes est déjà fort explicite.
De la destruction des animaux par l'homme considérée comme un obstacle à la prospérité de l'agriculture et au bien-être de l'humanité.
Lorsqu'un fléau désole l'humanité, soit qu'il menace la santé de l'homme, soit qu'il atteigne et détruise les récoltes, on se hâte d'en rechercher la cause : mais dans l'appréciation des circonstances qui ont pu déterminer des effets connus, on manque trop souvent de prudence ; l'impatience d'arriver au plus vite à une explication fait accepter sans réserve les interprétations les plus étranges.
L'homme est prompt à accuser la nature, il ne se doute jamais que la faute puisse être en lui-même.
Aussi voyez comme on en discute ; chacun veut donner ses raisons, et l'on n'arrive qu'à se contredire parce que la vérité n'est pas là où on la cherche. « Lorsqu'il y a, di Goëthe, beaucoup d'avis sur un même sujet, ce n'est pas la vérité qui se trouve au milieu, c'est le problème. »
L'auteur suggère à l'homme dans son texte, certes empreint de religiosité de son siècle, mais cependant aussi de bon sens, de ne point attaquer les équilibres de la nature, équilibres qu'il sera bien incapable de rétablir quand il prendra conscience de ce qui aura été détruit.
Ne chassez pas l'envie qui est en vous quant à réagir !

jeudi 20 août 2020

G.Sand de Guillery à Nohant… gasconnade ?

#Gascon #Gascogne #Sand #Guillery #Pompey #Dudevant #Berry #Nohant #Balzac #Chopin #Flaubert #Delacroix
Précédemment : De Nohant à Guillery - 1 - 2
Pour beaucoup d'entre nous, bien qu'elle soit l'auteure d'une œuvre immense, George Sand n'aurait écrit que « La petite Fadette » et « La mare au diable ».
C'est de cette mare dont je viens parler, laquelle lui valut un tel succès dès sa parution en 1846, que les Gascons, selon la description que George en fait, à savoir hableurs et volontiers menteurs, encore de nos jours, revendiquent qu'elle fut inspirée par la Lagüue, un étrange étang, pour des raisons géologiques plus que diaboliques, situé non loin de Guillery.
Il n'en est rien. C'est plutôt, comme le suggèrent les descriptions de paysages et les études de mœurs du roman, au cœur du Berry qu'il faut situer l'origine de ce merveilleux livre, soit plus précisément dans le département de l'Indre, donc non loin de Nohant, dans un bois joliment appelé Chanteloube, au nord de la commune de Mers-sur-Indre.
Ne doutant pas de l'éventuelle déception causée à l'endroit des Gascons, je reste disposé à débattre en toute courtoisie, notamment à la fin de notre spectacle qui fera revivre demain soir à 19h George Sand non loin de Guillery sous la fraîcheur des cloîtres de Condom.
En attendant de probables et aimables échanges, quelques impressions de George Sand sur Guillery.
« Guillery, le château de mon beau-père, était une maisonnette de cinq croisées de front, ressemblant assez à une guinguette des environs de Paris, et meublée comme toutes les bastides méridionales, c'est-à-dire très sommairement.
Néammoins l'habitation en était agréable et assez commode.
Le pays me sembla d'abord fort laid; mais je m'y habituai vite.
Quand vint l'hiver, qui est la plus agréable saison de cette région de sables brûlants, les forêts de pins et de chênes-lièges prirent, sous les lichens, un aspect druidique, tandis que le sol, raffermi et rafraîchi par les pluies, se couvrit d'une végétation printanière qui devait disparaître à l'époque qui est le printemps au nord de la France.
Les genêts épineux fleurirent, des mousses luxuriantes, semées de violettes, s'étendirent sous les taillis, les loups hurlèrent, les lièvres bondirent […]. »
L'hiver selon George Sand étant encore long à venir, je vous souhaite néamoins de garder tête froide, notamment en venant demain, vendredi 21 août, sous les cloîtres de Condom, tout en gardant à l'esprit mon coutumier appel : « N'hésitez pas à réagir ! »

mercredi 19 août 2020

G.Sand de Nohant à Guillery… gasconnade ?

#Gascon #Gascogne #Sand #Guillery #Pompey #Dudevant #Berry #Nohant #Balzac #Chopin #Flaubert #Delacroix
Précédemment : 1 - 2
Pourquoi évoquer George Sand et sa maison de Nohant en des contrées aussi éloignées du Berry que le Sud-Ouest et plus précisément à la limite des départements du Gers et du Lot-et-Garonne ?
L'objet de cette question n'est point d'engendrer quelque ostracisme régional et encore moins d'ajouter de la fureur dans des réseaux sociaux qui en sont suffisamment saturés.
Pour commencer, les extraits des romans et correspondances qui inspirent le spectacle La maison d'Aurore sont écrits en une si belle langue qu'il serait inconvenant de les cantonner dans le seul Berry et de ne point les partager.
Les mots de George Sand ont en outre une pertinence qui demeure contemporaine et qui conforte ce que disait d'elle Honoré de Balzac : « Une femme remarquable et en avance sur son temps ».
Enfin, pour celles et ceux qui ne seraient point encore convaincu.e.s, rappelons que George Sand vécut quelques temps dans le Lot-et-Garonne, à Pompey près de Barbaste, au domaine de Guillery, propriété de la famille de son époux François Casimir Dudevant qu'elle épousa le 17 septembre 1822.
Quoique le mariage ne fut point une grande réussite - le couple finira par divorcer - George Sand garde d'excellents souvenirs de ses séjours à Guillery.
George Sand en 1826 à l'âge de vingt-deux ans.
George Sand n'a évidemment pas manqué décrire les Gascons qu'elle semble préférer, à certains égards, aux gens du Berry.
« Les Gascons sont de très-excellentes gens, pas plus menteurs, pas plus vantards que les autres provinciaux, qui le sont tous un peu.
Ils ont de l'esprit, peu d'instruction, beaucoup de paresse, de la bonté, de la libéralité, du coeur et du courage.
Les bourgeois, à l'époque que je raconte, étaient, pour l'éducation et la culture de l'esprit, très au-dessous de ceux de ma province; mais ils avaient une gaieté plus vraie, le caractère plus liant, l'âme plus ouverte à la sympathie.
Les caquets de village étaient là tout aussi nombreux, mais infiniment moins méchants que chez nous, et s'il m'en souvient bien, ils ne l'étaient même pas du tout.»
De tels propos, mêlant bienveillance et lucidité, expliquent bien des choses, quant aux possibles nature et origine des gasconnades !
Après avoir partagé ces instants guillerets à Guillery en compagnie de George Sand, n'hésitez pas à réagir !