mardi 6 août 2019

Autopsie d'une co-errance

Dans l'idée d'enchanter un site, avec ou sans thème, il est indispensable d'effectuer des repérages, surtout quand il y a de l'itinérance dans l'air. Profitons de la balade contée du 7 août 2019 à La Romieu dans le Gers (soit au lendemain de parution) pour prendre exemple.

Sécurité et confort

La première règle à respecter est celle de la sécurité et du confort du public.

La Romieu est un village jacquaire pittoresque de plus en plus fréquenté avec pour conséquence des afflux de voitures, notamment sur la départementale qui le traverse. Tenant compte de ce paramètre, mon tracé ne comporte que deux passages d'une route vicinale à trafic limité où les voitures roulent lentement.

Pour le confort, le contournement sud du village s'effectue sur un chemin rural qui a été aménagé, notamment avec un drainage qui évite tout risque de boue et qui n'implique pas de restriction pour les chaussures (je suis plus strict pour de véritables randonnées contées de plusieurs kilomètres où je suis en outre assisté d'au moins un accompagnateur recruté par les organisateurs). Pour les rues du village, les revêtements sont récents et de belle facture.

Enfin, un lieu de repli (cf chapelle médiévale sur le plan ci-dessous) est prévu en cas d'intempérie intempérante.

Le travail d'enchantement

Maintenant que le public peut évoluer en toute sérénité, je peux enfin accorder mes interventions aux différents points que j'ai sélectionnés.

Le départ est choisi au niveau de la borne de raccordement des deux voies des chemins de saint Jacques (celles du Puy-en-Velay ou via podensis et de Rocamadour). Après un bref rappel pour contextualiser le pèlerinage et les deux voies, je propose le premier épisode d'un récit qualifié logiquement de conte-randonnée. Celui-ci nous accompagnera jusqu'au bout de la balade.

Les autres étapes sont choisies notamment pour le panorama offert sur le village, en des lieux que le badaud n'a pas toujours l'opportunité de découvrir par lui-même. À la contemplation depuis ces points de vue, s'ajoutent contes et miracles en concordance avec ce que la vue suggère. Je veille aussi à alterner textes poétiques, facétieux, tragiques… pour retenir l'attention et satisfaire les un.e.s et les autres.

En fin de parcours, la chapelle me permet de proposer un petit concert surprise avec deux ou trois instruments méconnus et rares du Moyen Âge (tympanon, harpe de ménestrel, flûte de corne) avant un final à la cornemuse tout aussi médiévale et une histoire qui a pour conséquence une éventuelle poursuite des échanges créés entre chaque étape à une des terrasses de la place de La Romieu (La notion d'échanges pendant les phases de marche permet aux plus réservés de poser des questions sans peur de parler devant tout le monde).

Collaborations futures ?

Ce travail plaisant s'organise en tout lieu et en diverses circonstances.

J'interviens, soit seul, soit en compagnie d'autres artistes professionnels, le nombre de ces derniers résultant d'un équilibre subtil entre potentiels culturels du site et impératifs budgétaires.

La bonne préparation de tout projet permet en outre - si le délai est suffisant - d'inclure des légendes locales et de mieux intégrer mon intervention.

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