vendredi 2 octobre 2020

Sur les chemins…

Épisode 1 - Condom, juin 1333 : un pèlerinage comme sentence de justice.
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La conception de mes spectacles repose sur un travail conséquent de recherches dans les archives musicales et littéraires, manuscrites quand elles sont médiévales, imprimées à partir du seizième siècle.
Alors que nous - The Strawberry consort - commençons à répéter le programme Chemins d'étoiles pour être fin prêts en 2021, année jacquaire, je trouve à deux pas de chez moi, toutefois en remontant les ans jusqu'en 1333, un fait divers qui se conclut par un pèlerinage.
Ce jour, comparaît au tribunal de Condom, Arnaud de Revignan, co-seigneur de Ligardes, accusé d'avoir envoyé ses gens régler son compte à Vital de Garros, un habitant de Condom, après que celui-ci ait blessé un ami du prévenu.
Faut-il le préciser, les sbires d'Arnaud de Revignan ont exercé une vengeance pour le moins disproportionnée puisque la victime a été retrouvée morte, le corps transpercé d'un coup de lance.
En outre, post mortem, la victime a eu la main tranchée, car coupable - mot qui prend laconiquement tout son sens - de l'agression de l'ami du co-seigneur.
Durant le procès, devant les juges et un jury composé d'habitants de Condom, Arnaud de Revignan plaide l'innocence.
Des témoins se succèdent à la barre. Aucun n'apporte de preuves tangibles. Reste alors dans les esprits un doute que seul peut lever Dieu, au nom duquel est rendue la justice en ce siècle médiéval.
C'est pourquoi, il est demandé au prévenu, outre une peine pécunaire, de se rendre en pèlerinage à Rocamadour, pour y implorer la vierge noire.
Arnaud de Revignan estima s'en tirer à bon compte puisqu'il ne fit point appel et accomplit sa peine.
Prudent, il compléta la probable absolution reçue à Rocamadour, par une requête auprès du roi Philippe VI de Valois qui se traduisit concrètement par une attestation d'accomplissement des peines, dûment inscrite dans les registres de la chancellerie royale. Arnaud de Revignan avait déjà compris que si la parole - même de bonne foi - a beau être sacrée, rien ne vaut un acte officiel !
Zone d'ombre, il n'est point fait mention des exécuteurs, lesquels - faute de quelque titre de noblesse les protégeant et sous réserve qu'ils furent identifiés - eurent probablement à subir des peines moins clémentes selon les douceurs que l'on savait alors prodiguer en place publique.

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