jeudi 16 avril 2020

Confisonts

semaine 2 📅 #corona #virus #covid19 #confiné #sonnets #zumeurs #poésie #zumeurs #Moyen Âge #médiéval

14 - jeudi 16 avril 2020
Les courses
Enfin suis-je sorti de ma tanière d'ours
Après trente-deux jours enfermé en mes murs.
Enfin ai-je quitté chants d'oiseaux et murmures
D'un passant dans la rue pour faire enfin des courses.

Cela vient des placards qui, vides de ressources,
Ont fini par clamer qu'il fallait que j'assure
En l'art de les remplir. J'ai donc mis mes chaussures
Retrouvé mes paniers, et que chauffe ma bourse !

Au magasin, climat étrange, chalands masqués
Marchant bien prudemment à distance comptée
Dans un silence inhabituel et oppressant.

J'ai pourtant apprécié de m'être ainsi risqué
Dehors un laps de temps, simplement pour acheter
De quoi ne pas manquer. Moment intéressant…

Toujours aussi sonnet
Avec cette série n°2 des confisonts, je persiste en mon défi d'écrire quotidiennement un sonnet associé à une enluminure empruntée en quelque manuscrit.
Je m'impose en outre de rédiger en un temps record, concevant l'exercice comme un entraînement sportif afin de ne point perdre le rythme d'une vie que le confinement pourrait faire basculer dans une oisiveté érosive.
Il me reste à vous remercier de votre présence en cette semaine, qu'elle soit deuxième ou seconde !
Vous souhaitant bonne lecture.
sonnets précédents 👇 👆 début de l'article

13 - mercredi 15 avril 2020
Peine de mort ? Jamais !
J'ai beau aimer du Moyen Âge
Les grands savoirs et les sagesses
Dont les écrits nous font largesse,
Je n'oublie pas tous ses carnages.

Car pour tout homme, rester sauvage
Requiert bien moins de gros efforts
Que pour semer du réconfort
Et en tirer noble avantage.

Prendre une hache et s'en servir
N'est qu'acte vil pour assouvir
De bas instincts bien mal dosés.

Semer justice et non la mort
Est un devoir. Ce serait tort
Que de vouloir le récuser.

12 - mardi 14 avril 2020 - 14, 14, 28… 🎻
Quatorze, quatorze, vingt-huit… De quoi vais-je parler ?
Non pas du Président et des jours confinés
Mais de la mécanique afférente au sonnet
Qui fait de quelques mots, des rimes bien huilées.

Quatorze, ce sont les vers, regroupés en trois strophes
Deux quatrains, un sizain, ce dernier divisé
En deux tercets. Adonc qui sait s'organiser
Selon ce plan ne court jamais à catastrophe.

Vingt-huit, ce sont les hémistiches, ces demi-vers
Qui ajoutent du rythme à toute poésie
Pourvu que l'orateur les fasse bien sonner.

Mais la forme est sujette à de nombreux travers
Qu'on ne peut définir d'une seule saisie.
C'est là tous les mystère et charme du sonnet.

11 - lundi 13 avril 2020 - Massacrer, exécuter ? 🎻
Dois-je avoir peur du nombre treize
Où, confiné dans mon ascèze,
J'ai tout mon temps pour méditer
En ce pays tout arrêté ?

Fort heureusement, je ne suis pas
Superstitieux et de trépas
Je ne veux point causer ce jour
Lui préférant la vie toujours.

Adonc, voyant s'évertuer
Ces combattants à se tuer,
Me revient en tête un motet.

J'étais novice et massacrais
Allègrement cet air sacré
Tout en pensant l'exécuter.

10 - dimanche 12 avril 2020 - Pas que…
Que vais-je écrire en ces heures de fête ?
Si toutefois le sont elles vraiment,
Chacun chez soi, dans un confinement
Qui a plutôt le goût d'une défaite.

Manger tout seul, loin de toute famille
N'est point joyeux et ne m'inspire guère.
Mais rien à voir avec l'idée de guerre ;
C'est bien plus simple, En moi, rien ne fourmille.

Quels mots user et comment les unir
Pour réussir à rimer et finir
Ce court poème. À vrai dire, point ne sais.

Mais il n'est point question d'ici fléchir
En mon défi. Et puisqu'il faut blanchir
Quelque feuillet, je dis : voilà, c'est fait ! 😉

09 - samedi 11 avril 2020 - Demain, jour du saigneur ?
Foi de moutons, nous n'aimons pas les religions
Qui, lors des jours de fêtes, nous mènent à la mort.
Pourquoi nous sacrifier ainsi et sans remords ?
Est-ce de la folie, absurde contagion ?

Nous qui croyions enfin, que vous aviez compris
Que la terre est fragile, et surtout épuisée,
Qu'il est urgent de tout changer, d'amenuiser
Votre impact sur elle, de suite et à tout prix.

Nous qui pensions que vous alliez faire autrement
Pour votre nourriture en mangeant moins de viande,
Pourquoi nous sacrifier ainsi et sans remords ?

Pendant vos solitudes dues au confinement,
Réfléchissez au sens conféré à l'offrande
Et de tout être, fêtez la vie et non la mort !

08 - vendredi 10 avril 2020 - Vendredi sain ?
Je la voudrais seconde, et achever ainsi
Ce défi quotidien de partager écrits
Unis à des dessins extraits de manuscrits.
Mais un virus prend goût à sa suprématie.

Je la voudrais seconde, elle sera deuxième
Et plus encore, plurielle. Car elle est là, tenace,
La vile épidémie qui toujours nous menace
Alors que je commence un sonnet dit huitième.

Je la voudrais seconde, en ce Vendredi saint
Qu'il me plairait d'écrire aussi vendredi sain
S'il n'y avait la pandémie anti-humaine.

Je la voudrais seconde, mais je suis réaliste
Cela ne sera point. Que s'allonge la liste
De mes sonnets pour cette deuxième semaine.

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